Connaitre la vie d’un chef de projet retail en 3 minutes

Notre rencontre avec Patrick BOUVRESSE nous a permis d’échanger avec un chef de projet dans le retail sur des sujets tels que l’évolution du management ainsi que les différentes missions associées à ce poste.

« Lorsque tu fais quelque chose, sache que tu auras contre toi, ceux qui voudraient faire la même chose, ceux qui voudraient le contraire, et l’immense majorité de ceux qui ne voulaient rien faire. » Confucius

Mr BOUVRESSE, présenter nous votre parcours rapidement :

J’ai commencé ma carrière chez MEMOREX  en tant qu’inspecteur de maintenance sur les systèmes d’impression, de sauvegarde, de stockage et sur les systèmes IBM AS400. On parle là d’une époque ou l’informatique était complètement centralisée et dominée par la technologie IBM. C’était un monde de rigueur qui laissait peu de place à l’improvisation.
J’ai ensuite évolué au poste de responsable technique de la région ouest.  avec l’arrivée d’internet et le développement de l’informatique en réseau
les besoins en management de projet se sont accrus.  Au début j’ai conservé la double casquette, responsable de région et chef de projets mais mener les deux missions de front s’est avéré assez compliqué et j’ai choisi de me consacrer à la conduite de projets. Entre différents projets j’ai aussi occupé le poste de « service delivery manager » pour 3 grands clients.

Quelles sont vos principales missions en tant que chef de projet retail :

C’est un poste qui requiert une grande polyvalence car les domaines d’intervention sont étendus. Analyser les besoins, établir les cotations, agir en transverse auprès des différents services impliqués, gérer les approvisionnements et le stock, gérer la facturation, garantir la rentabilité, organiser les comités projets et de pilotage.
Tout cela s’effectue avec beaucoup de pression, en effet l’une des  particularités du monde retail est qu’on y travaille très souvent dans l’urgence absolue.

La réactivité est une brique essentielle de la satisfaction client

P.Bouvresse
Présentation du métier de chef de projet en retail avec Alix au sein de l’entreprise Chantelle

Quelles sont les principales qualités à développer absolument pour exceller dans ce poste ?

  • Diplomatie
  • Pugnacité
  • Adaptabilité

Pouvez-vous nous partager votre vision sur l’évolution du management et le management du futur :

Conserver ses équipiers est devenu un enjeu majeur et il faudra que les managers soient peut être plus à l’écoute qu’actuellement.
Ils vont être confrontés à une génération de collaborateurs en quête de sens. Les exigences des clients ne font que croître mais celles des collaborateurs suivent la même courbe et ce ne sont pas forcément des exigences salariales :

  • Etre acteur de son travail qui devra être stimulant et de son métier qui devra être en phase avec leurs valeurs.
  • Bénéficier d’une formation continue
  • Favoriser la mobilité
  • Avoir la maîtrise de son parcours professionnel

L’organisation du Learning trip à Londres

Dans le cadre de notre Mastère, nous devons effectuer un Learning trip. Ce Learning trip se déroule, pour notre promotion, du 8 mars au 13 mars et a pour objectif de nous faire rencontrer des entreprises, mais surtout de nouvelles opportunités. Tous les Mastères Spécialisés à Audencia Business School proposent des Learning trip et les destinations varient en fonction des Mastères. Pour ce qui en est du MS MCI, la destination choisie cette année est Londres. Londres est une ville toujours en mouvement, c’est un centre financier, et c’est surtout une ville qui regorge d’opportunités. Il y a une quantité importante d’entreprises, des start-ups mais aussi de nombreux grands groupes qui y sont installés. C’est un lieu idéal à découvrir pour les étudiants du MS MCI qui cherchent à avoir des expériences à l’international. Et c’est surtout une grande opportunité pour nous, les élèves du MCI, car certains ont pour projet de travailler à l’international. C’est d’autant plus intéressant car le but est de rencontrer des entreprises, des personnes qui travaillent à Londres et qui peuvent vraiment nous apporter des clés précieuses pour travailler en dehors de nos frontières.

Cette année, le choix fait a été de laisser aux élèves le soin de préparer ce voyage du début jusqu’à la fin. Ce projet est totalement en cohérence avec ce que nous apprenons dans notre Mastère à savoir la gestion de projet. Les étudiants réalisent un projet réel, avec un budget qui leur est alloué, et s’occupe de toute l’organisation. En plus, de devoir organiser un voyage, cela nous apporte une réelle expérience dans la gestion de projet.
Tout au long de l’année, nous avons eu des ateliers afin de nous préparer au mieux à l’organisation de ce Learning trip. Ces ateliers ont aussi servi à mettre en commun les recherches de chacun. Par exemple, les ateliers servent à préparer les questions que nous allons poser aux entreprises, les lettres de remerciement que nous allons leurs adresser et autres.

Dès le mois d’octobre des groupes ont été formés au sein de notre Mastère afin que chacun puisse savoir ce qu’il doit faire pour l’organisation de ce voyage. La classe a été divisée en quatre groupes différents. Le but était de donner à chacun un rôle, mais surtout cela a permis aux élèves d’endosser de réelles responsabilités car c’est sur eux que reposent la préparation du voyage. Le premier groupe a pour mission de s’occuper de toute la logistique liée au voyage. Autrement dit, les étudiants qui se trouvent dans ce groupe ont dû gérer un budget, trouver le logement, s’occuper des billets d’avion, et du transport sur place. C’est très intéressant car les élèves avaient la liberté de tout choisir. Un autre groupe était en charge de la communication. Les élèves de ce groupe ont eu pour mission de communiquer sur les réseaux sociaux à propos de ce voyage. Ils s’occupent aussi de former un livret où chaque élève a rédigé une description sur son parcours. Ce livret sera d’ailleurs distribué aux entreprises qui nous recevront à Londres. Enfin, il y a les deux autres groupes qui sont en charges de contacter des entreprises. Encore une fois, une grande liberté nous a été laissé car c’est les élèves eux-mêmes qui doivent choisir les entreprises à visiter. Pour ce faire, un sondage a été réalisé en début d’année scolaire dans notre classe. Chaque élève a dû choisir les secteurs d’activités qu’ils aimaient le plus, et en fonction de ces résultats, les étudiants ont pu sélectionner les entreprises à contacter. Pour notre cas, le sondage a révélé que les étudiants souhaitaient rencontrer des entreprises dans le domaine du conseil, du luxe, mais aussi des start-up, et des GAFA. Pour trouver les entreprises à contacter, les élèves peuvent soit s’appuyer sur le réseau des alumnis d’Audencia, mais aussi sur leurs propres contacts. Chacun apporte ce qu’il peut.

Cette façon d’organiser le Learning trip est très intéressante car les élèves disposent d’une grande liberté dans les différents choix à réaliser. Il y a beaucoup de communication entre les différents groupes et ce n’est pas parce qu’un groupe est en charge d’un sujet précis qu’il ne peut pas apporter son aide à un autre groupe. Les entreprises choisies sont vraiment des entreprises que les élèves ont choisies et cela rend le voyage encore plus intéressant. De plus, les élèves s’occupent aussi de trouver des lieux pour sortir le soir, mais aussi des activités telles que des visites, des cours de sport ou des conférences.

Comme dans la plupart des projets, nous avons était confrontés à des difficultés pour l’organisation de ce Learning trip. Le MS MCI, étant un mastère international, il a fallu résoudre le problème de visas pour les étrangers. De plus, en pleine période de Brexit, il a fallu examiner les menaces auxquelles on aurait pu faire face.

Ces difficultés ne nous ont pas empêché de mener à bien ce projet, et nous attendons tous avec impatience de partir à Londres !

L’art de la thèse par les MCI

L’année en Mastère spécialisé est décomposée en 2 parties : une première pendant laquelle les étudiants suivent des cours et une seconde durant laquelle ils doivent faire une expérience professionnelle. L’année est conclue par la soutenance d’une thèse avec une problématique en lien avec le Mastère. Pour s’assurer de la réussite de cette thèse, qui est une réalisation souvent inconnue et perçue comme obscure pour la plupart des étudiants, un des cours dispensés pendant la première partie de l’année permet aux étudiants d’obtenir un suivi personnalisé pour leur thèse.
Les différents modules de ce cours sont entrecoupés de livrables. Ces livrables permettent aux étudiants d’être accompagnés tout le long de cet exercice. Cela évite un phénomène récurrent chez les étudiants Français : « le tout au dernier moment ». Ce format de suivi d’avancement à l’avantage de guider les étudiants pour les différentes étapes incontournables à la rédaction de la thèse : choix de la problématique, choix du professeur tuteur, rédaction de la revue de littérature, élaboration du plan de la thèse etc.
Le choix de la problématique de la thèse est sans doute la partie la plus délicate à gérer. Au cours de sa réflexion, les étudiants prennent généralement en compte leurs formations initiales, leurs appétences pour un sujet en particulier ou encore les acquis de la formation du Mastère. La polyvalence des profils et les différentes ambitions futures des étudiants transparaissent à travers le choix de thèse des étudiants MCI. Le large panel des problématiques choisies coïncident avec les aspects pluridisciplinaires et interculturels qu’offre le Mastère.

L’écriture d’une thèse est un art : »rien ne sert de courir ; il faut partir à point » Jean de La Fontaine

Voici quelques exemples de problématiques qui vont être développées par les MCI cette année :
On retrouve des sujets de thèses qui ont été choisi par rapport aux secteurs que les étudiants apprécient (ici les cosmétique et l’automobile) :
– « Eco-conception et implications pour les fonctions achats : le cas de l’industrie cosmétique. » par Aymée.

– « Comment les pratiques culturelles asiatiques influencent-elles les entreprises françaises de cosmétiques ? » par Camila.

– « En quoi les véhicules autonomes constituent-ils un changement de paradigme pour la responsabilité sociale de l’entreprise et la responsabilité morale ? » par Antoine.

– « L’influence de la transition vers l’électrique sur les compétences métiers dans le secteur de l’automobile. » par Thibault.
D’autres étudiants ont fait le choix de traiter des sujets relatifs aux changements actuels des entreprise en termes de gestion des données :
– « L’influence du data-driven sur la performance décisionnelle de l’entreprise. » par Hugo.

– « Sécurité des données personnelles dans les IoT : peut-on concilier Blockchain et RGPD ? » par Hajar.
Finalement, la thèse devant être rédigée pendant la période de stage (avril-septembre), d’autres étudiants ont pris la décision de choisir des sujets en lien avec les fonctions qu’ils vont occuper ou les missions auxquelles ils seront confrontés pendant leur expérience professionnelle :
– « Les stratégies d’implantation et le développement des entreprises françaises au Canada. » par Brendan.

– « Turnover des consultants dans les cabinets de conseil. » par Paul.

– « Les différents enjeux et problématiques des achats indirects. » par Mathilde.

Les problématiques listées ci-dessus ne sont pas définitives et vont sans doute être amenées à évoluer. La liste est non exhaustive mais permet de se rendre compte de la diversité des sujets qui seront traités. La pluridisciplinarité des professeurs encadrants est tout à faire remarquable. La diversité des backgrounds des intervenants d’Audencia assure aux étudiants d’être le mieux suivi possible.
Même si le choix de la problématique et la sélection du professeur tuteur représentent une marche importante pour le bon lancement de la thèse, la route est encore longue et sinueuse pour les MCI avant la soutenance finale qui est généralement organisée en Novembre-Décembre de l’année N+1.

L’évolution d’une carrière à Hong-Kong après le Ms MCI

Florentin PASCAL – Demand Planner chez Hermès
https://www.linkedin.com/in/florentinpascal/

J’ai eu l’opportunité d’échanger avec Florentin PASCAL, ancien élève du Ms MCI de la promotion 2016-2017 qui aujourd’hui, évolue dans un contexte international au sein de l’entreprise Hermès à Hong-kong. Réelle force émergente de l’Asie, Hong-kong est une ville située en plein milieu des lignes d’échanges entre les pays. Voici le retour d’expérience de Florentin.

Pouvez-vous nous présenter votre cursus professionnel avant la réalisation du Ms MCI ?

J’ai suivi une formation d’ingénieur industriel avec une spécialisation en Supply Chain. J’ai fait quelques stages en départements supply chain comme chef de projet puis embauché comme planificateur de production et prévisionniste dans une entreprise chimique.

Quels ont été les apports du Ms MCI dans votre épanouissement personnel et professionnel ?

Le Ms MCI c’est tout d’abord une ouverture sur différentes disciplines à travers des intervenants issus du monde professionnel. Cette ouverture est un atout en entreprise puisque nous sommes amenés à gérer des projets transverses avec des interlocuteurs très différents. Il est important de comprendre les tenants et aboutissants financiers, commerciaux, humains, organisationnels … pour mener à bien ses missions. Les rencontres avec des étudiants étrangers et de background professionnel varié offrent une approche plus douce au « travailler ensemble et se comprendre» à travers des projets traités par des équipes multiculturelles.

Pouvez-vous nous présenter votre cursus professionnel après la réalisation du Ms MCI ?

Après un stage chez Coca-Cola, j’ai été embauché par le groupe américain de cosmétique Estée Lauder, j’étais en charge de la marque MAC Cosmetics en tant que demand planner régional pour la zone Europe – Middle East. Les analyses et process étaient très formateurs, le groupe est avancé sur les sujets tels que S&OP, maîtrise des nouveaux lancements, anticipation des risques et variations de la demande. J’ai par la suite rejoint ma compagne à Hong-kong où elle réalise un VIE. J’y ai rencontré ma manager actuelle assez rapidement, 1 mois jour pour jour après mon arrivée je signais mon contrat chez Hermès Parfums.

Pouvez-vous expliquer le job de « demand planner APAC » en quelques mots ? Les principales missions ?

L’objectif principal est d’anticiper les variations de demande sur nos produits avec au moins 4 mois d’avance, laissant ainsi le temps à la production et aux approvisionnements d’être ajustés. L’objectif est d’éviter au maximum les ruptures et surstocks. Les lancements de nouveaux produits sont également à prévoir et planifier. Pour cela un suivi régulier avec nos clients et nos équipes internes sont clés pour des lancements réussis. Nous travaillons actuellement sur le lancement de la ligne beauté d’Hermes qui sera disponible dès Mars, nous sommes très fiers de nos produits et avons hâte de les faire découvrir !

Une carrière à l’international :

Les atouts ?

Ma structure d’entreprise est plus petite donc mes missions sont plus variées, la confiance est également au centre des équipes, tout le monde se connaît bien, car tout le monde est amené à travailler à un moment ensemble.

Les inconvénients ?

Qui dit petite équipe dit plus de taches par personne, nous souhaiterions passer plus de temps sur certains sujets comme de l’amélioration continue, mise en place de process, etc. cependant notre quotidien prend souvent le dessus.

Les contrastes culturels et managériaux à Hong-kong ?

Hermès est une entreprise avec une culture française forte, notre filiale à Hong-kong a l’avantage d’être réactive et efficace. Les échanges avec les employés locaux sont plus directs et pragmatiques, la clarté dans les process est principale. En France, nous avons tendance à laisser plus de place à l’improvisation et aux initiatives.

Quels conseils donneriez-vous aux personnes souhaitant faire évoluer leur carrière professionnelle en Chine ou à Hong-kong ?

De nombreuses opportunités sont présentent en Asie, la maîtrise du mandarin est un atout majeur et vous donne un avantage compétitif, car vous pouvez être considéré comme un lien entre la Chine et le reste du monde. La compréhension des cultures asiatiques vous permettra également de nouer des relations de confiance avec vos homologues.

Merci à Florentin PASCAL pour son implication dans cette interview et d’avoir pris le temps de partager sur son expérience professionnelle.

Demand planning – Job meeting