Jessie : quand le business devient un jeu

Début décembre, les étudiants au Mastère Spécialisé Management et Compétences Internationales (MS MCI) ont participé au Business Game Jessie. Retour sur son créateur et encadrant, Emmanuel Dion, et sur les apports de Jessie et des Business Game.

Emmanuel Dion : une longue expérience en enseignement et jeux d’entreprise

Emmanuel Dion, enseignant à Audencia, est arrivé à 25 ans à l’école, et ne pensait pas rester longtemps dans l’enseignement. Préalablement, il a eu une courte expérience professionnelle dans le domaine publicitaire et commercial, en sortie d’école de commerce. Une chose est sûre, il aurait été étonné de savoir qu’il allait rester 30 ans à l’école…

Au cours de ses années à Audencia il a notamment décidé de passer un doctorat :

« Je me suis spécialisé dans les matières quantitatives, soit en partant du marketing : les études de marché, l’analyse des données, la modélisation micro-économique, les jeux d’entreprise. » – E. Dion

Son rôle lors du jeu était de nous conseiller, de nous faire comprendre les mécanismes de celui-ci, mais aussi de commenter nos résultats, d’après Hubert, étudiant du MCI.

 

De Jessie 1.0 à Jessie 8.0

La toute première version de Jessie a été développé par Emmanuel Dion en 1990. Tout est parti d’un simple constant :

« J’animais alors d’autres jeux d’entreprise que je trouvais simplistes et caricaturaux, et j’ai vite compris que j’avais les moyens de développer de meilleurs outils. » 

Cette idée a donc muri et petit à petit Jessie est né. Au début, le jeu possédait deux principales fonctions : une représentation du marché et la bourse. Puis au fur et à mesure des parties, celui-ci a subi des retouches pour être perfectionné.

Aujourd’hui, Jessie a été joué environ 300 fois. L’expérience montre qu’avec l’arrivée des smartphones, la concentration est moindre : le rythme du jeu a alors été accéléré. Cela a été au détriment de l’approfondissement de la compréhension des éléments comptables et financiers.

Opérationnaliser les compétences académiques

Les meilleures performances dans le jeu sont plus liées à l’esprit de joueur qu’aux connaissances théoriques et académiques préalables. Aussi, les gagnants sont souvent les équipes qui bâtissent des relations de partenariat avec les banques tout en prenant des risques mesurés.

Selon Emmanuel Dion : « L’objectif principal est de comprendre la relation entre l’action stratégique/commerciale et la performance comptable/financière».  On peut comprendre alors que ce jeu permet d’opérationnaliser les connaissances académiques dans les matières phares de gestion.

Le rôle de l’entreprise dans le jeu est quasi complet et interactif avec des lancements, repositionnement, prise de risques, changement de stratégie… Celui de la banque par contre reste plus passif mais dépend énormément de l’attitude du joueur :

« Le niveau d’intérêt du jeu des banquiers dépend beaucoup des banquiers eux-mêmes. C’est comme l’auberge espagnole : on y trouve ce qu’on y apporte. »

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Jessie : un jeu et des limites

Le modèle du jeu Jessie est simplifié de la réalité : les dimensions RH et R&D sont absentes et le marché proposé est plutôt fermé, avec une segmentation fixe. Il n’y a donc pas de produits de substitution, et pas de menace de nouveaux entrants.

Emmanuel Dion n’envisage pour le moment pas de modifications aux règles du jeu. Cette version 8.0 pourrait bien être la version finale de Jessie !

Les Business Games : un avenir plus que scolaire ?

Afin de joindre l’enseignement au plaisir, les Business Game sont utilisés en formation continue au sein des Business School et Universités. Ces jeux de simulation d’entreprise ont aujourd’hui une position assez constante dans la panoplie des cours de management.

« Ils représentent 3 à 6% des cursus depuis au moins 20 ans dans la majorité des écoles. »

Comme les Business Cchool et les Universités, des entreprises de premier plan, telles que la SNCF ou la MACIF, exploitent elles aussi les Business Games. A travers des sessions de formation ou d’initiation des nouveaux recrutés : le jeu d’entreprise permet à certains candidats de se révéler :

« A l’issue de deux journées avec un groupe de 20 à 30 personnes, je crois avoir une idée assez précise des compétences de la plupart des participants. » 

 

Mohamed Alaissi, Thomas Borde, Hubert Colin de Verdiere,

Valentin Fortun,  Nakyta Mahamoudou

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